L'association a répertorié pour vous ces 3 circuits. Cliquez sur le circuit de votre choix et laissez vous guider. Cliquez ici pour télécharger le circuit au format PDF (Installez Acrobat Reader pour lire les PDF).

- Itinéraire de la Grande Guerre (le circuit du Massif de Thiescourt)

- Les Cimetières Nationaux dans l'Oise (contient aussi les principales lois traitant de leur préservation)

- Plaques et monuments commémoratifs de la Grande Guerre

 
 

ITINERAIRE DE LA GRANDE GUERRE

Durant toute la Première Guerre Mondiale, le Massif de Thiescourt (Oise) fut l'objet de combats acharnés. La "Petite Suisse" devint le dernier rempart à la ruée allemande sur Paris.

Vestiges de tranchées à Canny-sur-Matz

LE CIRCUIT DU MASSIF DE THIESCOURT

(environ 100Km)

D'octobre 1914 à mars 1917, le front se stabilisa sur une ligne passant par Lassigny, Tracy-le-Val et Bailly. Pendant ces deux années d'occupation, l'armée ennemie vécut sur les villes et les villages du Noyonnais, préparant les offensives, organisant la défense. Les forces françaises, quant à elles, s'efforcèrent de contenir l'envahisseur. De nombreux vestiges subsistent de cette guerre de position (carrières aménagées, postes de commandement, blockhaus, observatoires, abris, mais aussi cimetières, hôpitaux). En mars 1917, les Allemands se replièrent sur la ligne Hindenbourg non sans avoir pratiqué de nombreuses destructions sur leur passage. Les alliés occupèrent alors pendant un an les anciennes positions allemandes. Il reste de cette période de nombreux témoignages. Le 21 mars 1918, l'Allemagne reprit l'offensive. La tragique agonie du Mont-Renaud (29 avril-9 juin) et les terribles batailles du Matz (mars-août 1918) demeurent présentes dans les mémoires. De nombreux monuments glorifient le courage de nos soldats qui arrêtèrent l'armée allemande en marche sur Paris. Les victoires alliées de l'été et de l'automne 1918 repoussèrent l'ennemi bien au-delà de la ligne Hindenbourg. Le 11 novembre suivant, l'armistice était signé à Rethondes.

Chaque village du Noyonnais et du Compiégnois garde la marque de ce terrible conflit. Cet itinéraire retrace chacun des évènements de la Grande Guerre dans l'Oise.

Le monument aux morts de Compiègne.

Départ de l'Hôtel de Ville de Compiègne. Prendre la Route Nationale 32 en direction de Noyon (11Km). A la sortie de Thourotte, aussitôt après le Pont du Matz où une borne "casquée" indique la limite de l'avancée allemande en 1918, prendre à gauche la D.15 en direction de Ressons-sur-Matz puis suivre Machemont.

1. Machemont:

Le village de Machemont fut le secteur de cantonnement du 86ème Régiment d'Infanterie. Près de l'église du village, s'élèvent le Monument aux morts et un monument des 86ème R.I., 38ème R.I., 53ème R.A. et 4ème Génie où est inscrit "A la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de Machemont, Attiche, La Carmoy et Ecouvillon".

Poursuivre la rue de l'Eglise puis, au carrefour, prendre à droite la rue de la Planquette pour rejoindre la rue de Saint-Amand. Continuer tout droit après avoir passé le domaine de Saint-Amand. De là, gagner la Ferme de Montigny distante d'environ 3Km.

Abri bétonné français au hameau de Montigny (Machemont)

 

Le hameau de Montigny, dont il ne reste aujourd'hui qu'un corps de ferme et quelques maisons en partie détruites, fut le lieu de cantonnement du 86ème R.I. ravitaillé par une voie ferrée de 0,60 pour Decauville. Un monument y fut élevé par le 86éme R.I., le 38ème R.I., le 53ème R.A. et le 4ème Génie "A la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de la Carmoy". Ce monument porte l'inscription "Ils sont tombés là, fauchés par la mort au cours d'une ardente défense. O passants, enviez leur sort: ils ont régénéré la France." Par la qualité de son site, le hameau de Montigny figure comme une perle du Massif de Thiescourt.

Monument du 86ème R.I. à la gloire de leurs camarades tombés autour de laCarmoye

Revenir en arrière et reprendre la D.15 en direction de Chevincourt et Ressons-sur-Matz (5Km). Au carrefour, suivre la D.15 vers Ressons-sur-Matz sur 200m puis tournez à droite. Poursuivre la D.142 jusqu'à Ressons-sur-Matz (7Km).

Hors circuit:

A Mélicocq, le Monument aux morts-crucifix, élevé par le Major et Madame Emerson-Withe le 20 juin 1920, porte l'inscription "C'est ici que les très durs combats des 9, 10, 11 juin 1918 et au prix des plus douloureux sacrifices, les soldats de la IIIème Armée (Humbert) ont définitivement arrêté l'ennemi dans sa marche sur Paris. Vous qui passez, découvrez-vous". Les bienfaiteurs américains de Mélicocq firent ajouter : "Honneur aux vaillants de la 53ème Div, 205ème, 112ème, 236ème, 319ème R.I., 243ème, 283ème R.A.C., 3/13ème Génie, 9ème Cuir. à pied, qui dans ces sanglantes journées sont tombés pour la sainte cause".

Le monument aux morts de Mélicocq

 

A Vignemont, 2.150 tombes et 2 ossuaires contenant 955 corps non identifiés constituent le cimetière français, 3.802 tombes et deux ossuaires contenant 1.531 corps forment le cimetière allemand.

2. Ressons-sur-Matz:

Située en retrait des lignes françaises, Ressons-sur-Matz devint le lieu de cantonnement des troupes durant la guerre de position. Outre ses services d'intendances, l'armée y avait implanté un centre hospitalier qui dut évacuer le 27 mars 1918 lors de l'offensive sur le Matz. Les assauts se multiplièrent durant l'été (attaque allemande du 10 juin, contre-attaque des tanks de Mangin). Le 10 août, la contre-attaque française reconquit définitivement Ressons-sur-Matz.

Visite de la ville:

Le Monument aux morts de la commune se situe en face de l'Hôtel de Ville, à l'intersection de la D.82 et de la D.41. L'église, très endommagée lors du conflit, possède un vitrail représentant Jeanne d'Arc et des soldats en tenue bleu horizon.

Un détail du vitrail de l’église de Ressons-sur-Matz

Suivre la D.938 en direction de Lassigny. Après 7Km, prendre à droite la D.41 en direction de Canny-sur-Matz.

Sur la route:

A Ricquebourg, rue du Général Leclerc, une chapelle honore les victimes françaises de la Grande Guerre.

Hors circuit:

A Boulogne-la-Grasse (suivre la D.27 à partir de Roye-sur-Matz), le Château (rue de la Montagne) porte une plaque avec l'inscription: "Il y a 75 ans, Albert Ier roi des Belges, Raymond Poincaré président de la République, le Maréchal Joffre, en inspection au front, étaient au Château de Boulogne le 23 août 1915. En témoignage de cette rencontre historique et pour célébrer le 60ème anniversaire de Baudoin Ier, cette plaque a été posée le 3.XI.1990 en présence de S.E. l'ambassadeur de Belgique M. A. Cahen et de M. J-F Mancel député de l'Oise, président du Conseil Général [...]". Cette construction moderne édifiée par l'entrepreneur belge Charles Boulogne, fut en partie détruite lors des combats de 1918.

Le chemin poursuivant la rue du Mesnil mène à une table d’orientation décrivant le panorama et la Bataille du Matz (inaugurée le 12 novembre 1988).

3. Canny-sur-Matz:

Canny-sur-Matz fut le théâtre de violents combats lors de la dernière offensive ennemie. Plusieurs vagues d'assauts allemandes (17-30 mars; 17 août 1918) et françaises (29 mars; 10 août 1918) réduisirent en cendres le village.

La borne casquée en l’honneur des soldats du 16ème R.I. tombés en ce lieu le 18 décembre 1914

Visite du village:

Arrivé à Canny-sur-Matz, prendre la troisième route à droite (rue Pierre Diot). En remontant cette route qui se poursuit par un chemin de terre, des vestiges de champ de bataille subsistent sur la droite. A gauche, un petit chemin conduit au Monument du Bois Triangulaire. Orné d'un casque, ce monument porte l'inscription: "A notre fils René Rivière. A la mémoire des soldats de la 2ème Compagnie du 16ème Régiment d'Infanterie de Saint-Etienne (Loire), tombés et restés dans les fils de fer barbelés allemands qu'ils ont voulu franchir à l'attaque du Bois Triangulaire le 18 octobre 1914." Suivent huit noms: "René Rivière, sergent; Louis Georges, Gilbert Maubert, caporaux; Joseph Bonnet, Jean Brechoux, Mathieu Magand; J-M Michalon, J-B Tissier, soldats."

Vestiges de Tranchées à Canny-sur-Matz.

Regagner la D.938 par le même chemin et suivre Lassigny. Prendre 700m plus loin la première route à droite (D.590) en direction de Plessis-de-Roye (2,5Km).

Sur la route:

Sur le trajet menant à Plessier-de-Roye, le long d'une rangée de peupliers à gauche de la D.590, un vestige d'abri bétonné français témoigne de la guerre de position.

4. Plessis-de-Roye:

Lors de la guerre de position, le village de Plessis-de-Roye se situait en première ligne française, constamment observé par les troupes ennemies depuis la butte du Plémont. Le recul allemand du 18 mars 1917 permit le retour des habitants parmi les militaires. L'offensive allemande de 1918 buttera de nouveau sur les positions de 1914. L'assaut du 30 mars 1918 sur le Plémont et Plessis-de-Roye, qui devait ouvrir la vallée de Matz, fut contenu derrière les murs du Parc du château. L'ennemi subit un revers lors de la contre-attaque française. Reprise et fortifiée, Plessis-de-Roye subit le 9 juin une attaque en masse précédée d'un bombardement par obus toxiques qui repousse les alliés. Plessis-de-Roye fut libérée le 21 août 1918 lors de la grande contre-attaque de la IIIème armée.

Plessis-de-Roye, Le monument aux défenseurs de L’Ile de France.

Visite du village:

Le village de Plessis-de-Roye porte encore les meurtrissures de la Première Guerre Mondiale. Face au Monument aux morts, se trouvent les ruines du Château dont les douves médiévales et les murs du Parc servirent d'abri aux français et aux Allemands. Cette propriété privée, témoignant de la violence des combats est visible de la route.

En 1917-1918, l'église de Plessis-de-Roye subit de nombreux bombardements qui l'anéantirent. Au lendemain du conflit, une nouvelle église Saint-Jean Baptiste fut construite en retrait des vestiges de l'ancienne transformés en cloître. La façade préservée des bombardements porte deux plaques en souvenir des violents combats de 1918: à droite du portail de l'église, une plaque ornée d'un cor de chasse porte l'inscription: "Plessier et Plémont. Ces deux piliers de la porte s'ouvrent sur le coeur de la France. Là, en mars - avril 1918, avec la division Barbot, le 56ème Bataillon de Chasseurs de Driant, commandant Herment en tête, commandant au Bois des Caures, a tenu. Honneurs aux braves et paix aux morts."

Les vestiges de l’ancienne église de Plessis-de-Roye.

A gauche du portail, une plaque ornée d'une ancre de marine porte l'inscription: "A Plessier le Roye, le 30 mars 1918, le front allié étant rompu, sous la puissante offensive allemande, un bataillon du Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc sous les ordres du chef de Bataillon Reboul, d'un seul élan contre attaque, enraya la ruée allemande sur l'Ile de France faisant 785 prisonniers et ornant son drapeau d'une sixième palme et de la fourragère aux couleurs de la Légion d'Honneur. Citation à l'ordre de l'armée n°409 du 15 mars 1918."

A l'intérieur de l'ancienne église Saint-Jean-Baptiste, une plaque située à droite en entrant dresse la liste des enfants morts pour la France, tandis qu'à gauche, une plaque porte la dédicace de la nouvelle église (23 octobre 1932).

A l’entrée de l’église, une plaque commémore le 56ème Bataillon de Chasseurs à Pied.

Témoignage:

"[...] Je prends à droite le petit chemin qui mène au Plessis-de-Roye. Du village, de la vieille église ogivale, il ne reste à peu près rien. Le château a coulé dans les douves, que ses pierres ont presque comblées. Un pan de la façade, toute dentelée par les projectiles, se dresse encore. Quelques sculptures de sa magnifique décoration Renaissance sont restées: bouquets de pierre déposés sur cette tombe du passé [...]" (d'après BORDEAUX H., la terre de France reconquise).

Continuer la D.590 jusquà l'intersection avec la D.142. Poursuivre à gauche en direction de Lassigny puis gagner Dives par la D.938 (3Km).

Hors-circuit:

A Lassigny, en direction de Fresnières (D.142), se situe la butte de la Tour Roland qui abritait un observatoire allemand. Occupée par les Allemands, Lassigny fut pendant trois ans en première ligne. Le repli ennemi du 18 mars 1917 réanima la commune pendant une trop courte année. Lassigny fut ravagée par l'offensive sur le Matz de 1918.

En direction de Roye, le Bois des Loges et le hameau du même nom furent le théâtre d’acharnés combats en octobre 1914. Le Kaiser Guillaume II étant venu en personne assisté à l’attaque de ses troupes pour la prise de Beuvraigne et de Roye.

Le monument aux-Morts et l’église de Lassigny

Sur la route:

Au bout de la rue du Puits Berneux, à gauche de la D.938 en direction de Noyon, le cimetière allemand de Lassigny regroupe 1.777 corps.

5. Dives:

Du château incendié en 1917 situé à côté de l'église (entrée de la rue de Montdidier), il ne reste que la façade ornée d'un portail richement sculpté (Propriété privée visible de la route). Dives est l'exemple même des villages-martyrs de la Première Guerre Mondiale. reconstruit entièrement au lendemain du conflit, ses maisons de briques rouge témoignent de la nouvelle architecture picarde.

Dives, les ruines du Château.

Poursuivre la D.938 en direction de Cuy, Suzoy, Larbroye puis Noyon.(10Km). Gagner le centre-ville puis la cathédrale.

Sur la route:

A Larbroye, le château du Petit-Ourscamp, ancien cellier des moines d'Ourscamp reconvertit au XVIème siècle en demeure de plaisance, aux caves médiévales fut incendié le 29 septembre 1914 par les Allemands (Propriété privée visible de la route).

6. Noyon:

Le 30 août 1914 les Allemands occupèrent Noyon. La Kommandantur s'installa à l'Hôtel de Ville imposant restrictions, pillages, brimades, privations et déportations. Lors du recul stratégique de mars 1917, les Allemands firent sauter les digues les ponts sur la Verse et la Versette, occasionnant l'inondation des champs et la destruction des maisons avoisinantes.

Noyon libérée par les troupes françaises reçut alors la visite du Président Raymond Poincaré et devint pendant plusieurs mois le siège de l'Etat-Major de la IIIème Armée. La terrible offensive ennemie du 25 mars 1918 donna lieu à un bombardement intensif qui embrasa Noyon. Les Allemands réoccupèrent Noyon jusqu'au 28 août 1918 date à laquelle la ville fut définitivement libérée.

Dans le hall de l’Hôtel de ville de Noyon, se trouve une peinture d’Emile Pinchon, commémorant la remise de la Légion d’Honneur à la ville.

Construite de 1145 à 1235, la cathédrale Notre-Dame de Noyon, de style gothique primitif, connut en 1918 un terrible bombardement incendiaire qui creva les voûtes et détruisit les toitures. Après vingt années de travaux, la cathédrale fut rouverte. A l'intérieur, dans la chapelle dédiée à Sainte Madeleine, une plaque porte l'inscription "Aux enfants morts pour la France - 1914-1918 -". Dans le transept sud, une seconde plaque porte l'inscription "To the glory of God and to memory of one million dead of the British empire who fell in the Great War 1914-1918 and of whom the greatest rest in France - A la gloire de Dieu et à la mémoire du million de morts de l'Empire Britannique tombés dans la Grande Guerre 1914-1918 et qui pour la plupart reposent en France".

La plaque britannique à la mémoire de ses millions de morts tombés pendant la Grande Guerre.

Le Monument aux Morts de Noyon a été construit en béton, en ciment et en pierre calcaire. Le portail de la crypte est orné, sur son trumeau, d'un ange de la Victoire, et sur son linteau, du nom Noyon surmonté d'un blason flanqué d'une Croix de la Légion d'Honneur et d'une Croix de Guerre.

La coupole est ornée d'une frise constituée de quatre panneaux sculptée par le noyonnais Emile Pinchon en l'honneur de la ville martyre. Ces bas-reliefs représentent la prise d'otages du 29 septembre 1914, l'entrée des troupes françaises du 13ème Corps le 18 mars 1917, les ruines de Noyon le 25 août 1918 et la remise à la ville de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre le 10 juillet 1920 en présence du Maréchal Joffre. Le "cône d'obus" privé de son amorce, quant à lui, est orné d'étoiles, rappelant les douilles ciselées par les soldats lors du conflit.

Bas relief du Monument aux Morts de Noyon représentant l’entrée des troupes françaises dans la ville le 18 mars 1917.

Au 7 rue de L'Evêché, l'ancien palais épiscopal souffrit de la Grande Guerre, tandis que le pavillon Renaissance restait intact, l'aile XVIIème du être reconstruite. Devenu Musée du Noyonnais, le palais accueille au premier étage des illustrations de Noyon avant, pendant et après-guerre. Il contient, en outre, deux statues provenant de la Chartreuse du Mont-Renaud détruite lors d'une terrible bataille.

Rue de Paris, le mur de façade de l'ancien Hôtel Arnette de Charlonny (XVIIIème), aujourd'hui devenu l'école de musique, est orné d'une plaque portant l'inscription: "Guerre 1914-1918. En cette Hôtel, le Maréchal French, alors Général en Chef de l'armée Anglaise a établi son Quartier Général du 26 août 1914 au 28 août 1914".

Rue de Long-Pont, l'inscription latine que l'on pourrait traduire "C'est ainsi que le sort voulut qu'elle se relève après les combats" reste gravée sur le devant d'une marche du N°4. Elle signale la pose de la première pierre de la première maison reconstruite le 2 décembre 1919.

Sabre-monument marquant l’emplacement de la place du 9ème Régiment de Cuirassiers à Noyon.

Rue d'Alsace-Lorraine, sur le mur extérieur de l'hôpital, à gauche de l'entrée, deux plaques rendent hommage aux combattants. Elles portent comme inscription "Ici, s'élevait le Quartier Cambronne, occupé par le 9ème Cuirassiers de 1894 à 1914, détruit au cours des combats de septembre 1918" et "Aux morts du 9ème Cuirassiers, défenseurs de Noyon, 1914-1918".

Au bout de la rue d'Alsace-Lorraine, la rue du Souvenir Français longe le Cimetière Militaire National français et le Nouveau Cimetière Britannique de Noyon. A l'entrée de ce dernier, une plaque métallique gravée explique au visiteur le récit de la guerre 1914-1918 sur le front occidental illustré d'une carte (en français et en anglais). La légende indique que "Ce cimetière fut établi après la guerre pour y regrouper les tombes des champs de batailles.

Curiosité: Le cloître de l'Hôtel-Dieu; Les colonnes Vauquelin et Sarazin.

Face à la plaque gravée, un marbre rappel que le terrain du cimetière à été concédée gratuitement par la France comme lieu de sépulture perpétuelle.

Témoignage:

[...] Dans la nuit du 28 au 29 août (1914), le maire de Noyon fit avertir la population que la situation devenait critique à cause de l'approche des Allemands, tous ceux qui le pouvaient étaient invités à se retirer pour échapper aux tristesses de l'invasion. Ah! je devais les connaître de près, ces tristesses-là! [...] les femmes demi-nues, les enfants en larmes, les vieillards se traînaient, tous fuyaient, les yeux hagards, les uns sans le moindre bagage, les autres surchargés d'objets encombrants, quelquefois tristement ridicules à un pareil moment [...]" (d'après GODFROY L., Les cités meurtries).

Quittez Noyon par la R.N.32 en direction de Compiègne pour le Mont-Renaud (environ 3Km).

7. Le Mont-Renaud:

En dominant la vallée de l'Oise de ses 85m d'altitude, le Mont-Renaud devint un site stratégique de premier ordre lors du premier conflit mondial. Outre son panorama envié, la proximité de la Route Nationale 32, axe direct conduisant à Paris, lui donnait une importance considérable. Occupés par les Allemands dès le début du conflit, le Mont-Renaud et sa fameuse Chartreuse devinrent l'objet de violents combats lors de l'offensive ennemie de mars 1918. Le Mont-Renaud passera tour à tour aux mains des Allemands puis des alliés.

Le monument en hommage aux combattants du 57ème Régiment d’Infanterie.

Situé le long de la Route Nationale 32, le monument élevé en l'honneur du 57ème Régiment d'Infanterie porte l'inscription "57ème R.I. le terrible que rien n’arrête à ses morts glorieux 1918". Sur le mur de l'actuelle ferme du Mont-Renaud, une plaque rappelle les combats livrés par la 35éme D.I.: "C’est ici que le 25 mars 1918 la ruée allemande fut brisée par l’héroïsme des troupes de la 35ème Division qui jusqu’au 30 avril 1918 barra à l’ennemi la route de Paris".

Hors-circuit:

A Passel, rue du Moulin, la Fontaine-Monument aux morts fut donnée par Henry de Boulancy, maire de la commune.

La Fontaine-Monument aux morts de Passel.

Poursuivre sur la R.N.32 jusquà Chiry-Ourscamp (environ 2Km).

8. Chiry-Ourscamp:

Située sur la Route de Paris, Chiry demeura pendant près de trois années le dernier village allemand. Détruit presque totalement lors du repli allemand de mars 1917, ce "village-martyr" connut les cantonnements alliés, la Bataille du Mont-Renaud puis la retraite allemande. La commune de Chiry-Ourscamp reçut la croix de guerre en 1920.

Visite du village:

La Kommandantur de Chiry détruite en 1918 se situait rue Royale, au n°53 (proche d'un oeil de boeuf témoin de cette époque). En face, le Café-Brasserie de la Poste garde sur un pan de mur de sa cour intérieure des graffitis, notamment l'inscription "Honneur aux bombardements du 123ème R.I., avril 1918, signé Epera-Mallet-Baudry" et un dessin d'un aéroplane (le Café de la Poste est ouvert tous les jours de la semaine sauf le week-end). Dans le haut du village, le Monument aux morts témoigne des pertes militaires (63 noms) de la commune. Plus haut, l’église Nôtre-Dame de Chiry (monument historique ouvert pour l'office dominical), la Mairie et le Château Mennechet en partie ruiné (propriété privée visible depuis la route) gardent les stygmates des combats.

Dans la cour des écuries de Chiry se trouve un graffiti allemand du soldat de 1ère classe Sclhmolle, horloger de profession.

Témoignage:

"[...] Les obus s'y abattaient par rafales quand nous y entrâmes. Nous l'avons traversé, courant à l'abri des murs. Des Anglais brossaient leurs chevaux sous cette tempête avec un calme remarquable; on emportait des territoriaux blessés; des tuiles balayées par les 150 se brisaient autour de nous [...] Deux obus sifflèrent et j'entendis leur éclatement suivi d'un effondrement prolongé. "-Kapout Chiry! dit le poilu; dans quelques jours, si l'on demeure ici, il n'en restera rien!" C'était vrai, et toutes les petites richesses du pays étaient condamnées, vouées à la brutale destruction [...]" (d'après GAUDY, L'agonie du Mont-Renaud)

Détail des ruines du château de Chiry.

Hors-circuit:

Le site des Cinq Piliers, ancienne carrière en partie effondrée, fut richement sculpté comme en témoignent l'aigle impérial et le "monument de Bismarck". Cette propriété privée a été aménagée en circuit d'évolution de véhicules tout-terrain (accés 4x4 par Ville, accès piéton par Chiry). Visite Guidée sur demande auprès de l’association Patrimoine de la Grande Guerre.

Poursuivre la R.N.32 en direction de Compiègne sur environ 2Km, puis tourner à gauche en direction d'Ourscamp en empruntant la R.D.48 (2,5Km).

Sur la route: Le Château de la Source, situé en bordure de la Route Nationale 32, détruit en 1918, porte encore une inscription sur le perron (ouverture tous les jours de 9h à 17h, visite sur rendez-vous hors-saison).

Vandalisé en 1991, le coq gaulois des Cinq Piliers fut restauré en décembre 1999 par l’association Patrimoine de la Grand Guerre et le sculpteur Charles Malinauska.

9. Ourscamp:

En 1914, l'ancienne abbaye cistercienne était devenue un grand établissement industriel. La filature d'Ourscamp devint le lieu de cantonnement des troupes allemandes. Incendiée en février 1915 par un obus français, la filature ne sera pas reconstruite au lendemain de la Grande Guerre. Victime de cet incendie, l'aile droite de la maison abbatiale, dite Aile de Gesvres, demeure non restaurée. Visite de l'abbaye d'Ourscamp, classée monument historique, de 9h à 12h et de 14h à 17h en été, sur rendez-vous hors saison.

L’abbaye d’ourscamp vue de la place St Eloi.

Témoignage:

"[...] L'ordre fut donné à plusieurs batteries françaises de faire, à un signal donné, converger sur ladite usine leur feux les plus savamment repérés. En effet, mercredi soir, après quelques obus incendiaires qui éclairèrent tout de suite le point à viser, plusieurs centaines d'obus furent envoyés sur la malheureuse usine où les officiers voyaient à la lunette les Allemands accourir affolés pour essayer de sauver leur matériel. Il ne réussirent qu'à faire tuer un nombre probablement sérieux de leurs soldats et, à dix heures du soir, l'usine et tout ce qu'elle contenait n'était plus qu'un monceau de décombres [...]" (d'après La Gazette de l'Oise n°14, 21 février 1915).

Quitter Ourscamp par la D.48 en direction de Carlepont (3,5Km). Après avoir traversé dans sa largeur la Forêt Domaniale d'Ourscamp-Carlepont, rejoindre le centre de Carlepont par la D. 145 (rue Saint-ELoi).

10. Carlepont:

Inauguré en 1932 sur l'emplacement de l'ancien cimetière, le Monument aux morts de Carlepont rend hommage à ses quarante-quatre enfants morts pour la France. Proche de là, l'église reconstruite porte une plaque où est gravée l'inscription "Ici, à Carlepont, le 16 septembre 1914, le Régiment de Marche de Zouaves de Niessel, qui a formé le 9ème Régiment de Zouaves, a reçu le baptême du feu. Hommage des survivants à leurs camarades disparus, 18 juin 1950." L'église de Carlepont renferme deux vitraux représentant l’ancienne église et la défense de Carlepont par les Zouaves en 1914. Proche de l'église, les ruines du château et les impacts d'éclats d’obus et de balles sur les maisons témoignent de la violence des combats.

Vitrail offert par la population en mémoire du sacrifice du 9ème Régiment de Zouaves dans la bataille de Carlepont.

Suivre la D.130 située en face du Monument aux morts (rue du Général Leclerc) et gagner Tracy-le-Val (3Km).

Sur le trajet:

Tracy-le-Val, une borne "casquée" indique la limite de l'avancée allemande lors de l'offensive de mars-avril 1918.

Curiosité:

Le Château de Bernanval et son plan d'eau.

Après 1Km dans le village, quitter la D.130 et poursuivre en direction de Tracy-le-Mont par la D.16. Deux cents mètres après le carrefour suivant, dans le grand virage, suivre à droite la rue de Bernanval (la Ferme de Bimont). Suivre la route goudronnée, passer devant le réservoir de "la Source Poitevin" et gagner le hameau de Bernanval (700m).

11. Hameau de Bernanval:

Dans le hameau, une habitation d’infirmerie comme l'indique son enseigne "A la Pansée" suivie du quatrain:

"Que la fièvre te ronge ou que tu sois blessé

Qu'il t'arrive parfois d'être trop harassé

Entre ici, bon poilu, de chacun tout effort

Sera de te guérir et de te rendre fort"

(cette propriété privée est visible de la route).

L’enseigne de l’infirmerie de Bernanval à Tracy-le-Mont.

Avant le cul-de-sac, suivre le chemin forestier à droite en montant, passer la cabane des chasseurs jusqu'à la barrière de la ferme de Bimont (700m). Suivre à pied le deuxième chemin en partant de la gauche où, à environ cent cinquante mètres se trouve le Monument de Bernanval.

Le Monument de Bernanval fut érigé en l'honneur de trente régiments français à l'emplacement même de l’ancien cimetière militaire français. A ses cotés, se trouve une stèle du 11 bataillon du 2ème Zouaves en l’honneur des soldats morts pendant les combats du Bois-St-Mard en 1914.

Le monument de Bernanval comme la stèle du 2ème Zouaves furent restaurés par l’association Patrimoine de la Grande Guerre en 1996 et 1998.

Revenir en arrière et regagner la D.16. Poursuivre la montée en direction de Tracy-le-Mont.

12: Tracy-le-Mont:

Tracy-le-Mont garde son cachet de village picard. Ses maisons de pierres blanches lui confèrent une identité que les autres villages ont perdue lors de la guerre. Le long de la Grand'Rue, notamment à l'angle de la Place Aristide Briand où s'élèvent le Monument aux morts et l'église, des vitrines présentent des photographies de Tracy-le-Mont d'avant-guerre.

Hors circuit:

Les carrières souterraines de la Maison du Garde située rue des carrières, servirent de cantonnement aux troupes françaises pendant toute la durée du conflit. Aménagées par la municipalité et l’Association Patrimoine de la Grande Guerre, elles peuvent se visiter sur demande auprès de l’Office du Tourisme de Compiègne.

Le Cimetière Militaire national de Tracy-le-Mont (suivre la D.16 en direction d'Attichy puis la première route à gauche). Ce cimetière est probablement le cimetière français le plus important du Noyonnais: 1.158 militaires français y reposent!

Blason du 1er Régiment du Génie dans les carrières de la Maison du Garde.

Regagner la D.16 et reprendre le chemin inverse. Suivre Ollencourt par la D.40, puis Compiègne sur la D.130. Traverser la Forêt Domaniale de Laigue en suivant Ollencourt puis Choisy-au-Bac par la D.130 (9,5Km). De là, suivre la direction de Francport et de Rethondes et du "Carrefour de l'Armistice" par la D.81 (3Km). Passer le pont de l'Aisne au Francport et pénétrer dans la Forêt Domaniale de Compiègne pour rejoindre la Clairière de l'Armistice (1Km).

Sur le trajet:

Le hameau de Cosne,

Le Château de Royaumont (à Choisy-au-Bac).

13. Rethondes:

La Clairière de l'Armistice.

 

LES CIMETIERES NATIONAUX DANS L’OISE

 

Lors de l’inventaire dressé en 1929 par Louis Reynès, chef de Section au Ministère des Pensions, 25247 militaires français se trouvaient dans les cimetières nationaux français, 4683 dans 261 cimetières communaux et 23484 sépultures allemandes en cimetières nationaux allemands. Celui de 1993, comptabilise 27667 tombes dans les cimetières français, soit en 64 ans, 2376 corps en plus de la guerre 14-18, provenant de carrés militaires communaux ou découverts lors de travaux de terrassement.

Le cimetière français de Catenoy.

Historique du Service des sépultures Militaire

En août 1914. une section du Bureau des Archives du Ministère de la Guerre recevait et enregistrait les avis de décès des militaires           aux armées selon la loi du 8 janvier 1893 et des instructions du 23 janvier 1894.

Le 29 décembre 1915, une loi accorde une sépulture perpétuelle aux militaires des armées françaises et alliées décédés pendant la durée de la guerre.

 Dès la fin de 1915, les moyens d’actions prévus devenaient  insuffisants. La loi du 18 février 1916 créait, aux Ministère de la Guerre, le Service Général des Pensions, comprenant deux services : 1er) Pensions et Secours. 2ème ) Etat-Civil , Renseignements aux familles et successions militaires (Sépultures). C’est au service de l’Etat-Civil que devait incomber le soin de suivre le sort des militaires entrés dans les formations sanitaires ou capturés par l’ennemi, et de recueillir et d’acheminer les objets ou papiers trouvées sur les militaires décédés.

 

Le cimetière provisoire français de Tracy-le-Mont en 1915.

Pendant le conflit, les corps sont soient ramenés dans leurs villes natales ou réunis dans des cimetières provisoires. Après l’Armistice, et après la restitution les corps aux familles souhaitant les récupérer, de grands cimetières définitifs furent aménagés puis déclarés propriété nationale par l’article 105 de la loi du 31 juillet 1920.

Enfin, par arrêté du 8 novembre 1928, la Commission Nationale des Sépultures militaires était instituée, ayant pour mission d’émettre obligatoirement un avis sur toutes les questions  intéressant les cimetières nationaux.

Tombe isolée dans le champs de bataille aux abords de la Ferme de Quennevières sur la commune de Moulin-sous-Touvent.

Les principales lois a retenir :

Loi du 29 décembre 1915. Lorsque en vue de l’établissement  des Sépultures perpétuelles, il sera nécessaire d’acquérir des terrains hors des cimetières existants, l’acquisition sera faite au nom de l’Etat par le Ministère de la Guerre.

Loi du 25 octobre 1919. Les noms des combattants des armées de terre et de mer ayant servi sous les plis du drapeau français  et morts pour la France, au cours de la guerre de 1914 à 1918, seront inscrits sur des registres déposés au Panthéon. L’Etat remettra à chaque commune un Livre d’Or sur lequel seront inscrits les noms des combattants des armées de terre et de mer morts pour la France, nés ou résidant dans la commune. Ce livre d’or sera déposé dans une salle de la Mairie et tenu à la disposition des habitants de la commune. Un monument national commémoratif des héros de la Grande Guerre tombés au champs d’Honneur, sera élevé à Paris ou dans les environs immédiat de la Capitale.

Loi du 31 juillet 1920. Les cimetières militaires crées ou à créer sur l’ancien front des armés pour recevoir à titre perpétuel les cendres des soldats ‘’Morts pour la France’’  pendant la guerre 1914-1918, sont déclarés propriétés Nationales et seront gardés et entretenus aux frais de la Nation.

Les veuves, ascendants ou descendants des militaires ou marins ‘’Morts pour la France’’  ont droit à la restitution et au transfert aux frais de l’Etat des corps des militaires ou marins.

Le cimetière national français de Cuts.

Loi du 18 mars 1921. Est ratifié le décret du 3 septembre 1920 rendant applicable aux Départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle les dispositions de la loi du 29 décembre 1915 concernant les lieux de sépultures à établir pour les soldats des Armées françaises et alliées décédés pendant la durée de la guerre.

Loi du 3 juin 1921. Fixant les conditions dans lesquelles les opérations d’exhumations, transports de corps et réinhumations, prévues par la loi du 21 juillet 1920 et le décret du 28 septembre 1920, peuvent donner lieu à rémunération au profit des communes et des compagnies concessionnaires des pompes funèbres.

Loi du 29 octobre 1921.  Les compagnies et le réseau de l’Etat délivreront chaque année, sur leur demandes et sur simple certificat du Maire, un permis de deuxième classe aux veuves, ascendants et descendants du premier et du second degrés et, à défaut de ces parents au frère ou à la sœur aîné, qui, pourront faire bénéficier de leur à leur lieu et place , l’un des autres frères et sœurs des militaires Mort pour la patrie, pour leur permettre d’effectuer un voyage gratuit de leur lieu de résidence au lieu de l’inhumation faite par l’autorité militaire.

 

Le carré communal de Carlepont.

Loi du 28 février 1922. L’acte de décès d’un militaire des armées de terre et de mer, tué à l’ennemi, mort de blessures ou de maladies contractées en service commandé, ou encore des suites d’accidents survenus en service ou à l’occasion d’un service, en temps de guerre de tout médecin, ministre du culte, infirmier, infirmière des hôpitaux  militaires et formations sanitaires, ainsi que de toute personne ayant succombé à des maladies contractées au cours des soins donnés aux malades ou blessés de l’armée, de tout civil ayant succombé à la suite d’actes de violences  commis par l’ennemi devra sur avis favorable de l’autorité militaire, contenir la mention ‘’Mort pour la France’’. 

Loi du 28 juin 1922. Les dispositions de la loi du 29 décembre 1915 concernant les lieux de sépultures à établir pour les soldats des armées françaises et alliés décédés pendant la durée de la guerre sont applicables aux sépultures de soldats des armées allemandes.

Loi du 30 juin 1923. Exemption d’impôt pour les collectivités désirant ériger des monuments aux Morts de la Guerre.

Livre d’Or de la commune de Choisy-au-Bac à la mémoire des enfants de la commune ‘’Morts pour la France’’.

Loi du 2 juillet 1923. Perpétuant le nom des citoyens Morts pour la Patrie.

Loi du 13 juillet 1924. Relative aux indemnités susceptibles d’être allouées par l’Etat aux communes pour l’occupation du terrain affecté, dans les cimetières communaux, aux sépultures des militaires et marins français et alliés morts pendant la durée de la guerre. 

Les deux principaux décrets à retenir :

Décret du 30 mai 1921. Les municipalités seront autorisées à accorder à titre d’hommage public des concessions perpétuelles et gratuites dans les cimetières communaux pour l’inhumation  des soldats ‘’Morts pour la France’’.

Décret du 15 juillet 1922. Portant dérogation de l’ordonnance du 10 juillet 1816 concernant les projets de monuments à élever, en dehors des cimetières militaires, à la mémoire des soldats morts

 

Les Cimetières Nationaux français dans l’Oise.

 

Beauvais. Créé le 20 janvier 1922, il a reçu les corps des cimetières provisoires de Beauvais, Granvillers, Cempuis. Contient 1081 tombes françaises, 19 anglaises, 1 belge, 1 russe et 1 ossuaire contenant 10 corps. Il contient également 267 tombes de la guerre 1939-1945.

Betz. Créé en 1914 (Bataille de l’Ourcq), il regroupe les corps des soldats exhumés au ‘’Bois de Montrolle’’ et à Betz.Contient 44 français dont 21 en ossuaire.

Cambronne-les-Ribécourt. Créé en 1950, Il regroupe les corps exhumés des départements de l’Eure, l’Oise, la Somme et la Seine-Maritime des Guerre 14-18 et 39-45.Contient les corps de 126 soldats morts en 1914-1918 ainsi que 2106 tombes de la guerre 1939-1945.

Catenoy. Créé le 17 décembre 1921, il a reçu les cimetières militaires provisoires de Catenoy, Breuil-le-Sec, Epineuse, Angicourt, Mouy, Saint-Rémi, Litz, Plessis-Villette. En 1965, regroupement des corps des carrés militaires communaux de Clermont et de Creil. Contient 1745 tombes françaises, 2 anglaises et 1 russe. Il contient également 4 tombes de la guerre 1939-1945.

 

Tombes des premiers soldats français tués près de Ribécourt en septembre 1914

 

Compiègne. Créé en septembre 1921, a reçu les cimetières militaires provisoires de Choisy-au-Bac, Compiègne-Bellicart, Berneuil-sur-Aisne, Trosly-Breuil, Offémont, Pierrefond, Francport, Coeuvres, Cuise-la-Motte, Saint-Crépin, La Cense, Saint-Etienne, Royallieu. En 1935, regroupement des corps exhumés de cimetières communaux de l’Oise. 1970, réfection totale du cimetière. Contient 2993 tombes françaises, 81 anglaises, 1 belge, 11 russes, 2 ossuaires contenant 264 corps, 1 Allemand en ossuaire et 3 tombes françaises de la guerre 1939-1945.

Cuts. Créé le 1 mars 1920, il est érigé en 1922 en cimetière national. Il a reçu les cimetières militaires provisoires de Carlepont, Caisne, Chevillecourt, Nampcel, Lassigny, Autrèches, Plessis-de-Roye, Margny-aux-Cerises, Bailly, communal de Noyon. 1976, réfection complète du cimetière. Contient 1526 tombes, 2 ossuaires contenant 1770 corps et 1 tombe russe.

Le cimetière militaire allemand provisoire de Cuts.

Dompierre. Créé 15 septembre 1921, a reçu les cimetières militaires provisoires de Vendeuil-Caply, Tartigny, Brunvillers, Lamotte, Tricot , Bonvillers, Plainville, Sérévillers, Maignelay, Beauvoir, hameaux de Tronquoy, Velle, Pérenne, Chap. des Domeliens. 1950, regroupement de corps de la guerre 14-18 provenant du carré militaire communal de Garennes (Eure). Contient 1318 tombes françaises, 2 anglaises et 2 ossuaires contenant 96 corps.

Marquéglise. Créé le 11 juillet 1919 sur un terrain donné par l’Abbé Boulet, il contient 72 tombes 14-18, 2 civils belges, et une tombe de civil français.

Méry-la-Bataille. Créé le 16 avril 1919, agrandi et érigé en cimetière national le 7 novembre 1921. Il  a reçu les cimetières provisoires de Rollot, Courcelles-Epayelles, Méry, Wacquemoulin, Moyenneville, Rouvillers, Léglantiers, Montiers, Rouvroy-les-Merles. Contient 1284 tombes, 2 ossuaires de 254 corps et 1 tombe de la guerre 1939-1945.

Fabrication d’un cercueil dans les carrières de Tracy-le-Mont.

Noyon. Créé le 19 juin 1919, il est érigé en cimetière nationale en 1922. Il a reçu les corps des cimetières provisoires de Noyon, Tirlancourt, Guiscard, Pont-l’Evêque, Passel, Pontoise, Appilly, Bussy, Porquéricourt, Canny-sur-Matz, Lassigny, Chiry-Ourscamp, Brétigny. Contient 1022 tombes, 2 ossuaires contenant 699 corps, 1 tombe de victime civil, 1 tombe ‘’In mémoriam’’ et 4 tombes de la guerre 1939-1945.

Rémy. Créé la 24 novembre 1921, il  a reçu les corps des cimetières provisoires du Fayel, Mélicocq, Marest-sur-Matz, Chevincourt, Estrées-St-Denis, Cambronne, Ribécourt, Clairoix, Margny-les-Compiègne, Villers-sur-Coudun, Jaux, Baugy, Lachelle. Contient 1829 tombes, 52 de réfugiés civils et 6 tombes de la guerre 1939-1945.

Senlis. Créé le 21 juin 1918 en cimetière mixte franco-allié et allemand par les hopitaux militaires de Senlis. A été agrandi en 1920, par le secteur d’Etat-Civil de Senlis puis érigé en cimetière national franco-anglais en septembre 1921. Il a reçu les corps des cimetières provisoires de Ognolle, Gouvieux, Chantilly, Vineuil. Contient 1146 tombes françaises dont 78 dans 2 ossuaires, 138 tombes alliées et 4 tombes de la guerre 1939-1945.

Le cimetière provisoire français de Brétigny 

Thiescourt. Etabli en cimetière mixte le 4 janvier 1920, sur un terrain sur lequel se trouvait une fosse franco-allemande de 50 corps environs. Erigé en cimetière national en 1921. A reçu les corps français des cimetières de l’Ecouvillon, Mareuil-la-Motte, Saint-Claude, Roye-sur-Matz et Plessis de Roye. 1983, réfection totale du cimetière. Contient 713 tombes de la guerre 1914-1918 dont 4 anglaises, 2 ossuaires contenant 547 corps et 2 tombes de militaires français de la guerre 1939-1945.

Tracy-le-Mont. Créé le 9 juillet 1920. Agrandi et érigé en cimetière national en 1922. Il a reçu les corps des cimetières provisoires de Confrécourt, St-Crépin-aux-Bois, Beaulieu-les-Fontaines, Ognolles, Nampcel, Berry, cimetière militaire du ‘’Poste Picard’’ et du ‘’Point T’’, de l’Ecafaut, Cimetières des Bretons et des Zouaves. 1972, réfection totale du cimetière, 1973, regroupement des corps exhumés du carré militaire communal de Tracy-le-Mont. Contient 1883 tombes, 2 ossuaires contenant 1313 corps et 1 tombe de la guerre 1939-1945.

Verberie. Installé en cimetière militaire mixte franco-allemand en 1918 par les ambulances installées à Verberie, il fut agrandi en 1920 et érigé en cimetière national en 1922. Il a reçu les corps des cimetières provisoires d’Orrouy, Betz, Glaignes, Estrée-St-Denis (Anglais), Sery-Magneval, Acy-en-Multien et a reçu en ossuaires les inconnus des cimetières communaux de Nogent-sur-Oise, Néry, Boissy, Fresmoie, Nanteuil-le-Haudoin, Brégy, Réoz-Fosse-Martin, Bouilancy. De 1948 à 1951, inhumations de corps de la Seconde Guerre mondiale. Contient 1077 tombes françaises, 27 tombes anglaises, 2 ossuaires contenant 1429 corps français et 26 anglais. Il contient également 41 corps français de la guerre 1939-1945.

 

Enterrement d’un soldat dans le cimetière allemand de Noyon avec la compagnie de musique du 53ème L.I.R.

Vignemont. Etabli en cimetière militaire mixte le 19 avril 1918. Agrandi en 1919 et 1920, puis érigé en cimetière militaire en 1921. Il a reçu les corps des cimetières provisoires d’Elincourt-St-Marguerite, Conchy-les-Pots, Ribécourt, Cambronne, Mélicocq ; Ressons-sur-Matz, Roye-sur-Matz, La Berlière, Boulogne-la-Grasse, Orvillers, Ricquebourg, Biermont, Cuvilly, Gury, Mareuil-la-Motte, Antheuil, Plessis-de-Roye, Saint-Léger-aux-Bois, Monchy-Humières, Dreslincourt, Gournay-sur-Aronde. Hameaux du Manceau, St-Claude, Bellenglise, Saint-Maur. Contient 2153 tombes françaises, 10 tombes anglaises et 2 ossuaires contenant 955 corps.

Les Cimetières Nationaux allemands dans l’Oise.

Dompierre. Créé le 30 juin 1916 près de la gare, agrandi en 1919,  et érigée en cimetière définitif en 1921. A reçu les corps des militaires allemands des villages de Courcelle, Epayelle, Rollot, Méry, Domfront, Vendeuil-Caply, Tricot, Brunvillers, Maignelay, Catenoy, Beauvais, Saint-Rémy, Granvillers, Cempuis, Litz, Bonvillers, Tronquoy. Contient 1647 tombes et 1 ossuaire contenant 577 corps.

 

Le cimetière militaire allemand Thiescourt.

Lassigny. Un ossuaire de 55 français existait à la fin des hostilité. Agrandi en cimetière mixte franco-allemand en 1919 et érigé en cimetière allemand définitif en 1922. A reçu les corps des militaires allemands des villages de : Lagny, Lassigny, Candor, Margny-aux-Cerises, Canny-sur-Matz, Cuy, Gury, Crapeaumesnil, Fresnières, Avricourt. Contient 1777 tombes et 2 ossuaires contenant 1147 corps.

Moulin-sous-Touvent. Créé le 23 juillet 1920, erigé en cimetière définitif en 1922. A reçu les corps des militaires allemands des villages d’Autrêches, Beaugies, Beaulieu-les-Fontaines, Béhéricourt, Bailly, Brétigny, Chevillecourt, Carlepont, Campagne, Chiry-Ourscamp, Caisne, Ecuvilly, Evricourt, Fréniches, Guiscard, Genvry, Grandru, Moulin-sous-Touvent, Muirancourt, Ognolles, Passel, Solente, Suzoy, Tracy-le-Val. Contient 1902 tombes.

 

Le monument du 96ème Régiment d’Infanterie allemand du cimetière de Moulin-Sous-Touvent, ce trouvait à l’origine dans le cimetière allemand crée pendant la période 1914-1917 dans la forêt d’Ourscamp à Bailly.

Nampcel. Créé le 7 août 1919 en cimetière mixte franco-allemand, agrandi et érigé en cimetière définitif allemand en 1922. A reçu les corps des militaires allemands des villages de Faverolles, Montgobert, Berneuil, Berny-Rivière, Cuise-la-Motte, Trosly-Breuil, Choisy-au-Bac, Coeuvres, Vic-sur-Aisne, Saint-Cristophe à Berry, Attichy, Pierrefonds, Villers-Cotterets, Lagny, Noyon, Crisolle, Cuts, Guiscard, Berlancourt, Beaulieu-les-Fontaines, Moulin-sous-Touvent, Evricourt, Villeselve, Chevilly, Ecuvilly, Carlepont, Bussy, Nampcel, Cuy, Appilly, Sermaize, Pontoise, Catigny, Frétoy-le-Château, Golancourt, Libermont, Quesmy, Beaurains. Hameaux de La-Croix-Bacquet, Offémont, La Ferme Riverseau, Carrières de Coeuvres, Confrécourt. Contient 6145 tombes et 5 ossuaires contenant 5784 corps.

Thiescourt. Etabli en cimetière le 4 janvier 1920 sur un terrain sur lequel se trouvait une fosse franco-allemande de 50 corps environs. Erigé en cimetière national allemand en 1921, a reçu les corps des cimetières de l’Ecouvillon, Mareuil-la-Motte, Saint-Claude, Roye-sur-Matz et Plessis de Roye. Contient 707 tombes allemandes et 2 ossuaires contenant 388 corps.

Vignemont. Etabli en cimetière militaire mixte le 19 avril 1918. Agrandi en 1919 et 1920, puis érigé en cimetière militaire allemand en 1921. Contient 3746 tombes et 3 ossuaires contenant 2519 corps.

Le cimetière allemand de Chiry-Ourscamp.

Le Cimetière National anglais de l’Oise.

Outres les très nombreuses tombes se trouvant dans les cimetières nationaux et communaux (Mareuil-La-Motte, Annel, Noyon…), le département de l’Oise compte un cimetière national anglais de la guerre 14-18. Il se trouve à Noyon à proximité du cimetière national français. Il Contient 237 Britanniques, 9 Canadiens, 2 Italiens, un Américain et les tombes de 205 inconnus.

Le cimetière national britannique de Noyon.

 

Monuments et plaques en l'honneur des héros de la Grande Guerre

 

Georges Guynemer (Paris 1894 - Poelkapelle, Belgique, 1917)

Héros légendaire de l'aviation française, ce Compiégnois d'adoption remporte ses sept premières victoires à bord d'un Nieuport basé à Breuil-le-Sec (décembre 1915-mars 1916). Il s'illustre par la suite dans le ciel de Verdun, de Fismes et des Flandres sur son Vieux Charles dans l'escadrille des Cigognes. As des as de la Grande Guerre avec un total de 53 victoires, le capitaine Guynemer est abattu au dessus de Poelkapelle en Belgique le 11 septembre 1917. Fort d'une grande notoriété, ce héros de vingt-trois ans reçut les hommages unanimes des Français.

Plusieurs monuments l'honorent dans l'Oise dont une stèle à Breuil-le-Sec, une plaque "disparu en plein ciel" sur sa maison du 101 rue Saint-Lazare et un monument à l'angle de la rue Saint-Lazare et du Boulevard Victor Hugo à Compiègne.

Georges Guynemer (1894-1917), statue à Compiègne.

"Héros légendaire tombé en plein ciel de gloire après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations."

La maison de Guynemer

            ‘’Ici vécu de 1903 à 1914, le capitaine aviateur Georges Guynemer, héros légendaire tombé en plein ciel de gloire le 11 septembre 1917’’. Nous sommes à Compiègne au 112 de la rue Saint-Lazare. Aujourd’hui ‘’Résidence de la forêt’’; il y a quelques années encore, propriété de la famille Guynemer.

            Dans ce quartier résidentiel, Paul Guynemer fera bâtir la maison dont il a toujours rêvé. Pour lui, sa femme Junon et ses enfants Odette, Yvonne, et Georges, il aura un hôtel cossu dans la cité mondaine , élégante et particulièrement bien fréquenté qu’est alors Compiègne.

            Cette demeure est telle qu’il l’a voulue: tout à fait ‘’Belle époque’’. Coiffé d’un toit d’ardoises, elle se dresse fièrement du haut de ses deux étages. Ornée de balustres devant les portes-fenêtres du rez-de-chaussée, de faux balcons, d’encorbellements, elle s’impose par son charme discret.

            A l’intérieur, on devine aisément les moulures ornées des plafonds, l’élégante salle à manger dont la verrière donne sur un parc planté de vieux arbres et d’une multitude de fleurs. Au première étage, tout en haut d’un escalier assez raide, la chambre de Georges; là où enfant, il dévorait quantité de livres d’aventures.

Ferdinand Foch (Tarbes 1851 - Paris 1929)

Après avoir participé à la bataille des frontières au début du conflit, le Général Foch s'illustre par son attaque dans les marais de Saint-Gond où il contribue à la première victoire de la Marne (août 1914) qui voit refluer l'ennemi dans l'Oise où le front se fixe. Après trois années de combats dans le Nord, l'Artois, la Somme puis l'Italie, période durant laquelle il connait la disgrâce, il est nommé générallissime des troupes alliées. Il contre l'offensive de la Somme (avril 1918), remporte la seconde Bataille de la Marne (juillet 1918) puis lance l'offensive générale (août 1918) qui s'achève par la signature de l'armistice (11 novembre 1918).

Plusieurs plaques témoignent de son passage dans l'Oise :

- dans l'hôtel de ville de Beauvais commémorant la nomination le 3 avril 1918 du général Foch comme chef suprême des Armées alliées,

- au 16 rue Bellon à Senlis (actuel centre médico-social) où le général Foch s'installe avec son chef d'état major le général Weygand en octobre 1918 pour préparer la victoire,

- sur un mur extérieur de l'église de Rethondes où il se recueille le 10 novembre 1918.

En outre, sur le monument aux morts de Senlis, un médaillon de bronze le représente de profil. Mais l'hommage le plus vibrant au maréchal Foch est la statue élevée dans la Clairière de Rethondes en 1937, oeuvre de Firmin Michelet.

Foch (1851-1929), monument de l’Armistice à Compiègne.

Le 12 novembre 1918, de son Quartier Général de Senlis, le Maréchal Foch adresse aux Armées l'Ordre du Jour n5961 :   "Officiers, Sous-Officiers et Soldats des Armées Alliées,

Après avoir résolument arrêté l'ennemi, vous l'avez pendant des mois, avec une foi et une énergie inlassables, attaqué sans répit. Vous avez gagné la plus grande bataille de l'Histoire, sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du monde.

Soyez fiers, D'une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux, La postérité vous garde sa reconnaissance."

Ernest Noël (Paris 1847 - Paris 1930)

Maire radical socialiste de Noyon (1888-1925), membre du conseil général de l'Oise (1886-1929) qu'il présida à partir de 1904, député (1893-1906) puis sénateur de l'Oise (1906-1929), l'industriel Ernest Noël se fait remarquer par sa conduite exemplaire durant la Grande Guerre. Refusant de se soumettre à l'autorité ennemie, il est arrêté comme otage (1915), déporté en Allemagne puis échangé (1916). Principal artisan de la recontruction de Noyon, il présidera à l'élaboration du nouveau schéma urbain de la ville.

Son buste, oeuvre du sculpteur Marius Cladel située dans le square de l'hôtel de ville, est inauguré le 11 septembre 1938.

Ernest Noël (1847-1930), buste du square de l'hôtel de ville de Noyon.

Eugène Odent (Senlis, 25 août 1855 - Chamant, 2 septembre 1914)

Propriétaire senlisien descendant des maires Jean Odent (1769-1846) et Henri Odent (1826-1911), maire de Senlis lui-même élu en 1912, Eugène Odent est arrêté par les Allemands et exécuté avec six autres otages le 2 septembre 1914 à Chamant. Son exécution ainsi que les incendies de la gare et d'une partie de la rue de la république ont été largement diffusées par la presse nationale pour témoigner de la barbarie allemande. L'exécution du maire de Senlis, retranscrite dans l'acte d'état civil sous la forme "tué à l'ennemi dans l'exercice de ses fonctions", a considérablement marqué les esprits de l'époque.

Aussi, à Chamant, l'avenue principale du village porte-t-elle le nom d'Eugène Odent tandis qu'une croix élevée par Marie Odent, son épouse, rappelle la tragédie, et qu'une stèle marque l'emplacement de son exécution, à l'angle de la rue des Otages et de la rue de l'Aunette.

La ville de Senlis, rendra également de nombreux hommages au maire, puisque son nom est gravé sur les plaques commémoratives de la cathédrale et de l'hôtel de ville, que son portrait est sculpté sur le monument aux morts et que le nom Odent sera attribué à une rue du centre ville par délibération municipale en date du 1er avril 1931.

Eugène Odent (1855 - 1914), monument aux morts de Senlis.

Philippe Pétain (Cauchy-à-la-Tour, 1856 - île d'Yeu, 1951)

Après sa participation aux batailles de la Marne (septembre 1914), d'Artois (mai 1915), de Champagne (septembre 1915) et de Verdun (février 1916), le général Pétain est promu au commandement du groupe d'armées du Centre. Commandant en chef des Armées en remplacement du général Nivelle du 15 mai 1917 jusqu'à la fin de la guerre, il revient dans l'Oise où est basé dans le palais de Compiègne d'avril 1917 à mars 1918 le Grand Quartier Général.

Plusieurs plaques honorent le général Pétain dans l'Oise notamment sur l'hôtel de ville de Noailles, siège de son quartier général en 1916.

A voir à Noailles, une plaque sculptée à Pétain.

" Le 25 février 1916, le général Pétain quitte son quartier général de Noailles pour se rendre à Verdun ".

Alexis Carrel et son Hôpital

Située à Compiègne au 24 de l’avenue de Thiers, l’hôtellerie de la compagnie hôtelière des centre de tourisme automobile devenait, dès les premiers mois de 1915 et pour la durée du conflit, l’hôpital militaire du chirurgien Alexis CARREL.

Né le 28 juin 1873 à Lyon, Alexis Carrel fera ses premières armes chez les jésuites du Rhône puis, à l’externat Saint-Joseph. Doublement diplômé du baccalauréat ès lettre et du baccalauréat ès sciences, il se fera inscrire à la faculté de médecine et entrera comme interne aux hôpitaux de Lyon. Ajourné au concours de chirurgien, en raison de ses idéaux, il s’exilera dès le mois de mai 1904 en Amérique. Là-bas, il sera prié de poursuivre ses recherches: le Rockfeller Institut l’ayant choisi pour membre et placé à la tête du département de chirurgie expérimentale.

Lorsqu’en 1912 le prix Nobel récompensait ce nouveau lauréat, le nom de Carrel devait acquérir, en France, une certaine renommée.

Dans les jours qui suivirent la déclaration de guerre en France, Alexis Carrel se mit à la disposition des autorités militaires françaises mais devait être voué a l’ordinaire besogne. Ce n’est que sur l’intervention du ministre de la guerre, M. Millerand, que le jeune chirurgien se consacrera à nouveau à la recherche. Un hôpital militaire de 83 lits sera ainsi créé, aussi près du front que possible; une ambulance oeuvrant directement sur le champ de bataille.

Grâce à la solution d’hypochlorite de soude de l’anglais Thomas Daquin, Carrel fût à même de soigner les plaies des blessés par une irrigation constante à laquelle il observa une observation quotidienne et rigoureuse. Un ouvrage intitulé ’’Le traitement des plaies infectées’’ et, rédigé à Compiègne par les docteurs Carrel et Déhelly, reprend l’ensemble du procédé.

 

Plaques et monuments en l'honneur de familles de combattants

Les Alsaciens-Lorrains

Non loin de la Clairière de l'Armistice, le monument aux Alsaciens-Lorrains, oeuvre en grès des Vosges réalisée en 1922 par Edgar Brandt, représente l'aigle abattu par l'épée, symbole de la chute de l'empire allemand. Ce monument, offert par le journal Le Matin, est remis à la ville de Compiègne le 11 novembre 1922 par Charles Beckenhaust, rédacteur en chef du journal de Wissembourg. Détruit par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, il est relevé à l'identique après guerre.

 

Monument aux Alsaciens-Lorrains, Compiègne.

"Ici, le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l'Empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir".

Les gardes forestiers

Depuis 1995, le monument en l'honneur des gardes-forestiers de Compiègne tués au champ d'honneur s'élève à proximité de la Clairière de l'Armistice.

Les infirmières

En 1918, un bombardement aérien tue Melle Jalaguier, infimière à l'hôpital militaire de Pierrefonds installé dans le parc de l'ancien Hôtel des Bains. Afin de commémorer cet épisode tragique de la Grande Guerre, les anciens-combattants ont élevé place de l'hôtel de ville une Monument national aux infirmières.

Monument national des infirmières militaires, Pierrefonds.

" A Elisabeth Jalaguier. Animée du plus bel esprit de sacrifice et du plus pur idéal patriotique, fut tuée à son poste au milieu des blessés qu'elle réconfortait par sa présence et ses soins au cours d'un bombardement aérien. Clemenceau. "

Les instituteurs de l'Oise

Oeuvre d'Henri Greber, ce monument élevé dans l'Ecole Normale des garçons de Beauvais honore les 153 instituteurs de l'Oise morts pour la patrie. (Visible à Beauvais au lycée François Truffaut dans la rue de Pontoise).

Monuments aux morts de l'Oise

A la veille de la Première Guerre mondiale, le département de l'Oise posséde quelques monuments élevés en l'honneur des combattants (Chantilly, Crépy-en-Valois, Formerie, Longueil-Annel, Noailles, Noyon, Sempigny, Senlis...). Peu nombreux, ces monuments communaux peuvent regrouper les morts de plusieurs guerres ou conquêtes : Algérie, Maroc, guerre de 1870-1871, Tonkin, Chine...

L'inauguration à Longueil-Annel, le 5 juillet 1914, d'un monument à la mémoire des enfants du canton de Ribécourt durant la guerre franco-prussienne (érigé par la 1290e section des vétérans des armées de terre et de mer de la commune), témoigne de la vivacité du sentiment patriotique peu avant l'entrée en guerre.

Au lendemain de la Grande Guerre, toutes les communes de l'Oise vont ériger leur monument aux morts, les unes dès 1919, les autres plus tardivement. Si certains de ces monuments indiqueront aussi les noms de victimes civiles, la plupart d'entre eux porteront ensuite les noms de combattants d'autres conflits (guerre de 1870-71, Seconde Guerre mondiale, Indochine).

Bas-relief du monument aux morts de Marquéglise, œuvre du sculpteur Marcel Pierre.

Monuments et plaques en l'honneur d'un évènement local

A Boulogne-la-Grasse, une plaque est scellée sur le mur de clôture du château élevé par Alphonse de Boulogne. Elle commémore le passage d'Albert Ier roi des Belges, de Raymond Poincaré président de la République et du Maréchal Joffre, en inspection au front le 23 août 1915. Trois ans plus tard, le château est en partie détruit lors de la bataille de Montdidier.

A Champlieux, une borne casquée érigée à l'initiative du commandant Cornic indique l'emplacement entre 1916 et 1918 du Camp des chars d'assaut, commandé par le général Estienne alors résidant à Orrouy.

Monument du Camp des chars d'assaut, Champlieux.

"Ô passant, que si d'aventure

Tu promènes ici tes pas,

Arrête, ami, mets chapeau bas,

Ici, pour la grande aventure

Naquirent les chars de combat. "

A Compiègne, la célèbre Clairière de l'Armistice est aménagée dès l'après guerre sous la direction de l'architecte M. Magès : percement d'une allée de 250 mètres, réalisation d'un rond-point de 100 mètres de diamètre. Le 11 novembre 1922, MM. Millerand et Poincaré inaugure le site qui connaîtra d'autres aménagements, dont le Wagon du Maréchal Foch (1927).

A Nanteuil-le-Haudouin, à l'angle de la rue de Paris et de la rue de Lisy, une plaque commémore le souvenir du regroupement des Taxis de la Marne aux portes de la ville.

Plaque commémorative, Nanteuil-le-Haudoin.

" Ici, le 7 septembre 1914, les taxis parisiens réquisitionnés par le général Galliéni, gouverneur militaire de Paris, ont amené les renforts qui ont permis à l'armée française de remporter la Victoire de la Marne. Cette manœuvre décisive a pris le nom d'Epopée des Taxis de la Marne".

A Noyon, la frise du monument aux morts inauguré le 22 mars 1925 représentent quatre scènes marquantes de la Première Guerre mondiale : la prise d'otages, la libération du 20 mars 1917 par le XIIe Corps, Noyon dans les ruines, la remise de la Légion d'honneur à la ville le 17 juillet 1920.

Quatre années plus tard, le 11 septembre 1929, une plaque est apposée sur l'actuel conservatoire de musique Paschal de l'Estocart, rappelant le passage du général French du 26 au 28 août 1914.

Le monument aux morts de Noyon conçu par les architectes E. Chiflot et R. Lefèvre.

A Orrouy, une plaque est apposée sur le château précisant : " Ici fonctionna en 1917 et 1918 le poste de commandement du général Estienne, père des chars de combat français qu'il créa, organisa et instruisit au camp de Champlieu de décembre 1916 à avril 1918".

Le château d'Orrouy vu depuis la rue du Général Estienne.

A Senlis, au 16 rue Bellon à Senlis (actuel centre médico-social), une plaque rappelle le lieu d'installation du Grand Quartier Général. Là, le 25 octobre 1918, le maréchal Foch, son chef d'état major le général Weygand et les Commandants en Chef examinent la situation militaire et préparent les conditions d'armistice.

La plaque commémorative du Maréchal Foch à Senlis.

A Versigny, sur le portail du château, une plaque rappelle qu' "Ici habita le Général Mangin, commandant de la Xe armée, avec son Etat-Major, du 3 juin au 17 juillet 1918. C'est du château de Versigny que furent établies les directives qui nous donnèrent la Victoire ".

Le château de Versigny.

Monuments et plaques en l'honneur d'une bataille

Inauguré le 7 mai 1950, le monument de Courcelles commémore le sacrifice des soldats du 49e RI tombés lors des combats du 9 au 15 juin 1918 pour la défense du village. 

Inauguré le 30 septembre 1934 au lieu-dit " Le Chemin Creux", le monument de Crisolles est dédié "Aux défenseurs de Noyon" lors des combats des 23, 24 et 25 mars 1918. Oeuvre des architectes Davroux et Gauthier, ce mur de béton symbolise la défense des combattants du Vème Corps d'Armée du général Pellé qui porta un coup d'arrêt à l'offensive allemande du général von Hutier. 

Le 29 mai 1954, le monument en l'honneur du 57e RI "Le Terrible, que rien n'arrête" fut inauguré sur le Mont Renaud (Passel), en bordure de la RN32. Il porte la plaque "Ici, du 25 mars au 13 avril 1918, le 57e RI a brisé 22 attaques, maîtrisé 5 régiments, barré à l'ennemi la route de Paris" commémorant par là même la Bataille du Mont Renaud.

A Mareuil-la-Motte, sur le mur du "Cabaret Rouge", une plaque rappelle au souvenir des combattants du Plateau Saint-Claude : "A la mémoire des morts du 9e Cuirassiers à pied qui arrêtèrent ici la ruée allemande le 9 juin 1918 en se sacrifiant. Passant, souviens-toi. "

Le "Cabaret Rouge", Mareuil la Motte.

A Mélicocq, le Monument aux morts-crucifix, élevé par le Major et Madame Emerson-Withe le 20 juin 1920, porte l'inscription "C'est ici que les très durs combats des 9, 10, 11 juin 1918 et au prix des plus douloureux sacrifices, les soldats de la IIIème Armée (Humbert) ont définitivement arrêté l'ennemi dans sa marche sur Paris. Vous qui passez, découvrez-vous". Les bienfaiteurs américains de Mélicocq firent ajouter : "Honneur aux vaillants de la 53ème Div, 205ème, 112ème, 236ème, 319ème R.I., 243ème, 283ème R.A.C., 3/13ème Génie, 9ème Cuir. à pied, qui dans ces sanglantes journées sont tombés pour la sainte cause".

Monument de Mélicocq.

De part et d'autre du portail de l'ancienne église Saint-Jean-Baptiste de Plessier-de-Roye, deux plaques rappellent la violence des combats de 1918. A droite, la plaque ornée d'un cor de chasse porte l'inscription: "Plessier et Plémont. Ces deux piliers de la porte s'ouvrent sur le cœur de la France. Là, en mars - avril 1918, avec la division Barbot, le 56ème Bataillon de Chasseurs de Driant, commandant Herment en tête, commandant au Bois des Caures, a tenu. Honneurs aux braves et paix aux morts." A gauche du portail, la plaque ornée d'une ancre de marine porte l'inscription: "A Plessier le Roye, le 30 mars 1918, le front allié étant rompu, sous la puissante offensive allemande, un bataillon du Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc sous les ordres du chef de Bataillon Reboul, d'un seul élan contre attaque, enraya la ruée allemande sur l'Ile de France faisant 785 prisonniers et ornant son drapeau d'une sixième palme et de la fourragère aux couleurs de la Légion d'Honneur. Citation à l'ordre de l'armée n409 du 15 mars 1918."

 

Portail de l'église de Plessier-de-Roye.

A Quennevières, sur le mur extérieur de la Ferme, plusieurs plaques et un monument commémorent la bataille qui s'y est déroulée en 1915. Scellées en 1924 sur les bords du Matz à Thourotte, en bordure de route à Moulin-sous-Touvent, Tracy-le-Val et Antheuil-Portes, ces bornes en granit rose sont l’œuvre de Paul-Moreau Vauthier sur une commande du Touring Club de France. Hautes de un mètre, pourvues d'un casque Adrian posé sur une couronne de lauriers, ces bornes marquent l'extrême avance des Allemands durant leur dernière offensive en juin 1918.

Borne casquée de Moulin-sous-Touvent.

Monument en l'honneur de combattants

A Canny-sur-Matz, au bout de la rue Pierre Diot, s'élève une stèle au lieu-dit le Bois Triangulaire. Orné d'un casque, ce monument porte l'inscription: "A notre fils René Rivière. A la mémoire des soldats de la 2ème Compagnie du 16ème Régiment d'Infanterie de Saint-Etienne (Loire), tombés et restés dans les fils de fer barbelés allemands qu'ils ont voulu franchir à l'attaque du Bois Triangulaire le 18 octobre 1914." Suivent huit noms: "René Rivière, sergent; Louis Georges, Gilbert Maubert, caporaux; Joseph Bonnet, Jean Brechoux, Mathieu Magand; J-M Michalon, J-B Tissier, soldats."

Stèle du Bois Triangulaire, Canny-sur-Matz.

A Cannectancourt, Le monument-crucifix en hommage au Capitaine Jehan Bertran de Balanda commandant la 14ème Compagnie du 205ème R.I. ainsi qu’à ses camarades tombés dans la défense de Cannectancourt le 9 juin 1918.

La monument de Cannectancourt en l’honneur du 205ème R.I.

A Carlepont, l'église reconstruite porte une plaque où est gravée l'inscription "Ici, à Carlepont, le 16 septembre 1914, le Régiment de Marche de Zouaves de Niessel, qui a formé le 9ème Régiment de Zouaves, a reçu le baptême du feu. Hommage des survivants à leurs camarades disparus, 18 juin 1950."

Monument aux morts et église de Carlepont.

A Champlieux, près du monument aux chars d'assaut, une plaque évoque la mémoire du Lieutenant Orens, natif de Ressons-sur-Matz, instruit au camp de Champlieux, tué le 18 juillet 1918.

Les chars d'assaut à l’entraînement au  camp de Champlieux.

A Machemont, près de l'église du village, s'élève un monument en l'honneur des 86ème R.I., 38ème R.I., 53ème R.A. et 4ème Génie où est inscrit "A la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de Machemont, Attiche, La Carmoy et Ecouvillon".

Au hameau de Montigny (commune de Machemont), un monument élevé par le 86 éme R.I., le 38ème R.I., le 53ème R.A. et le 4ème Génie porte l'inscription : "A la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de la Carmoy. Ils sont tombés là, fauchés par la mort au cours d'une ardente défense. O passants, enviez leur sort: ils ont régénéré la France."

Le monument du hameau de Montigny à Machemont.

A Mélicocq, le monument à la mémoire du Chef d’escadron George Marie Perreau commandant le 3ème groupe du 243ème Régiment d’Artillerie, tué face à l’ennemi le 11 juin 1918. Ainsi qu’à la mémoire des 80 combattants tombés en ce lieu. A voir également, la tombe monument du Commandant Georges Marie Perreau dans le cimetière près de l’église. Aussi, dans la rue principale, une plaque rappelle que le 10 juin 1918, Alexandre Léon Brouillard, commandant le génie de la 53ème D.I. à donné ici sa vie pour sa patrie.

La tombe de Georges Marie Perreau.

A Moulin-sous-Touvent près de la Ferme de Quennevières, la célèbre Butte des Zouaves rappelle le souvenir des soldats enterré vivants sous le tertre au cours d'un bombardement. Sur un mur d’enceinte de la Ferme des Loges, se trouve une plaque en l’honneur du soldat Jean-Louis Donou  du 134ème R.I. Derrière le cimetière communal ce trouve la tombe du Général Collardet commandant le 318ème R.I..

La Butte des Zouaves.

Monuments et plaques en l'honneur de victimes civiles

Si de nombreux monuments aux morts honorent les victimes civiles, de nombreuses plaques commémoratives sont aussi apposées dans les communes de l'Oise rappelant les habitants pris comme otages et fusillés par l'ennemi dans l'exercice de leur devoir.

A Chamant, au bout de la rue des Otages, une stèle élevée le 4 septembre 1927 par le Souvenir Français des civils passé par les armes par les Allemands le 2 septembre 1914.

Monument des otages de Chamant.

" Passant, arrête-toi et souviens-toi !

Dans ce champ ont été fusillés par les Allemands le 2 septembre 1914 comme otages de la ville de Senlis : Eugène Odent, maire de Senlis ; Emile Aubert, mégissier ; Jean Barbier, charretier ; Lucien Cottrau, garçon de ferme ; Pierre Dewerdt, chauffeur ; Jean-Baptiste Elysée Pommier, garçon boulanger ; Arthur Roigault, tailleur de pierre."

A Chiry-Ourscamp, le jour de l'inauguration du monument aux morts (11 octobre 1925), une plaque est découverte dans une salle de la mairie en l'honneur du maire de la commune Anatole Duroyon mort en février 1915 des suites d'une marche forcée. Cette plaque sera détruite avec la mairie lors d'un bombardement en 1944.

A Lagny, sur le mur de cloture de la Mairie-école, une plaque rappelle le souvenir du maire Picard, fusillé par les Allemands le 19 septembre 1914. De même, au pied d'un crucifix du cimetière du village, une plaque évoque la mémoire de l'abbé Flamand, curé de la paroisse, exécuté comme otage à la même date.

Mairie-Ecole de Lagny.

" Le 19 septembre 1914, en ce lieu, les Allemands ont fusillé : Picart Paul, maire ; Flamant Denis, curé ; Lavacquery Fernand ; Lavacquery Octave ; Leclerc Jules. Pris comme otages, ont été obligés de creuser leur tombe avant de mourir."

Monuments alliés

Dix années après la fin du premier conflit mondial, la Commision impériale des sépultures militaires britanniques fait apposer dans les cathédrale de l'Oise (Beauvais, Noyon, Senlis), des plaques en hommage aux combattants de l'empire.

A Noyon, la plaque scellée dans la cathédrale est inaugurée le octobre 1930 en présence des généraux Macdonough et Ware de l'armée britannique, du major-chef de l'état civil militaire britannique d'Arras et du capitaine Simson, réprésentant du ministre du Canada.

A côté de la plaque britannique se trouve la liste des enfants de Beauvais Morts pour la France pendant la Grande Guerre.

A Mareuil la Motte, le 28 mars 1919, durant la dernière offensive allemande sur le Matz, le Lieutenant-Colonel Fournier remet la Croix de guerre au Colonel Simpson. Cette remise de décoration est immortalisée par une plaque à l'entrée de la carrière Mallet.

Plaque commémorative de Mareuil-la-Motte.

Date d'inauguration de quelques monuments aux morts de l'Oise

 
1920  
23 mai

Pierrefonds

24 mai Rivecourt (plaques)
10 juin 

Mélicocq

25 août Remy
oct. Haudancourt
oct Arsy
novembre Le Meux
novembre Longueil-Sainte-Marie
1921  
7 juin 1921 Plessier-de-Roye
1922  
juin Bailly
juillet  Genvry
11 nov.  Compiègne
1923  
avril Cuy
avril  Suzoy
mai Dives
mai Cannectancourt
3 juin Thiescourt
juin Muirancourt
juillet Crisolles
juillet Senlis
5 août  Baboeuf
5 août Cuts
août  Janville
sept. Jaulzy
14 oct. Candor

Inauguration du monument aux morts de Tricot.

1924  
11 avril

Ressons-sur-Matz

6 juillet Beauvais
27 juillet Vauchelles
24 août Ribécourt
26 octobre

Elincourt-Sainte-Marguerite

30 nov. Montmacq
21 déc. Gournay-sur-Aronde
1925  
22 mars Noyon
19 avril Pont-l'Evêque
14 juin  Grandru
11 octobre Chiry-Ourscamp
1926  

 

Nampcel

Le monument aux morts de Fretoy-le-Château.

1928  

 

Dreslincourt
1929  
6 octobre Appilly
1930  
13 avril

Pimprez

1932  
  Carlepont
2000  
  Le Plessis-Patte-d'Oie

Le monument aux morts de Cuy

Obélisques de grès, de calcaire ou de granit, poilus immobiles ou en mouvement, femmes implorant le ciel avec leur enfant, les monuments aux morts de l'Oise revêtent de nombreuses formes.

     
 

Patrimoine de la Grande Guerre, 24 rue du Chêne, 60138 Chiry Ourscamp. info@patrimoinedelagrandeguerre.com

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